Pourquoi ne déménagez vous pas ?

C’est une des questions qui revient le plus souvent.

La réponse la plus évidente est le coût d’un déménagement. Beaucoup on acheté leur bien, et viennent de s’endetter sur plusieurs décénies. Revendre son bien, avec l’activité croissante de l’aérodrome n’est pas si évident :

  • L’activité est maintenant très visible
  • Il faut maintenant mentionner la présence de l’aérodrome
  • Acheteriez vous un bien de quelqu’un qui ne veut plus le garder ?

Certains y arrivent, et c’est là un des points les plus difficiles pour nous : les gens cèdent, les associations se crées, et disparaissent etc. Le turnover des riverains jouent en faveur de ceux qui profitent du manque de contrôle, du manque de réglementation, tout en nuisant à la santé des personnes.

Pour certains, cf la question suivante, l’antériorité est très importante. Et bien justement, nous étions là avant l’augmentation de l’activité de l’aérodrome !

L’aérodrome était là avant !?

C’est là aussi une remarque qui revient souvent, même en provenance de gens intelligents, de gens très censés.

L’aérodrome existe depuis les années 30 mais est ouvert à la circulation aérienne publique depuis 1947. C’est un fait que nous ne discutons pas.

Vous trouverez des informations sur le site ADP suivant: https://www.parisaeroport.fr/entreprises/aviation-d-affaires/presentation-aerodromes-aviation-generale/lognes

Il y a 2 problèmes avec cette remarque:

  • L’antériorité ne doit pas être une excuse, sinon il n’y aurait jamais aucune réforme, aucune avancée, aucune amélioration possible
  • L’activité et les nuisances n’ont absolument rien en commun avec l’aérodrome de 1947, nous parlons aujourd’hui de près de 100 000 mouvements par an

Pour l’antériorité, nous parlons de l’infrastructure, mais si nous parlons de l’activité véritable, les aéroclubs sont bien plus récents. Les plus vieux datent de 1951 (https://www.acaigle.fr/historique-club.php), puis 1983. La majorité sont des associations plus récentes. Nous essayerons d’avoir un listing des aéroclubs.

Certains riverains étaient donc là avant, et pour autant, ils n’ont pas été plus entendus à leur époque. Et ils ne le sont pas plus aujourd’hui, s’ils n’ont pas fini par baisser les bras.

La grande majorité des villes aux alentours datent de bien avant l’aérodrome, avec certains monuments datant du XIIe siècle par exemple. Certaines villes nouvelles datent plutôt des années 70, mais l’ensemble date de bien avant l’aérodrome. Donc justifier de la présence de l’aérodrome depuis longtemps pour excuser une activité sans limite, dégradante, et nuisible pour la santé des riverains, est un raccourcis trop simpliste. N’y a t-il pas de place pour le progrès ?

Mais si vraiment ce principe antériorité était à retenir, revenons donc au volume d’activité de l’aérodrome datant de notre plus vieux riverains. Voire même ne revenir que sur l’activité d’il y a seulement 10 ans suffirait déjà largement à revenir à un calme satisfaisant pour certains d’entre nous.

Un avion ça fait du bruit, c’est normal !

Autre remarque, aussi fréquente que les autres.

Le bruit de l’avion de loisir fait “parti du paysage urbain”.

Bien sûr, en mettant de côté tout problème auditif des personnes émettant cette remarque, il est très peu crédible de comparer le bruit d’une mobylette, d’une voiture, d’un camion, voire même d’une autoroute, avec le bruit d’un passage d’un mono-moteur à hélice. C’est d’un autre niveau.

Un avion de loisir c’est bien souvent :

  • un moteur imaginé dans les années 50
  • construit dans les années 60
  • monté sur une structure, l’avion, dans les années 70
  • une hélice (une des partie générant le plus de bruit)
  • peut être un silencieux (pot d’échappement)

Mais c’est surtout :

  • des passages très fréquents (imaginez la mobylette tournant autour de chez vous toutes les 30s toute la journée, toute la semaine, toute l’année)
  • une répétition incertaines
  • une pollution atmosphérique et sonore au dessus des habitations, des parcs, des écoles
  • un risque d’accident grave, surtout avec la densité d’habitant au km² de la région
  • une activité de loisir, pour une minorité, au détrimant d’une majorité

Pour le côté “normal”, cela rejoint les questions suivantes sur l’information.

Pourquoi habiter ici ?

Comme nous l’avons vu, l’aérodrome existe depuis très longtemps, ce qui veut dire que tout le monde le connaît. Quand vous venez des DOMTOM, du sud de la France, que vous êtes mutées en région parisienne, vous connaissez forcément l’aérodrome…

Mais il faut se renseigner avant d’acheter ? Nous verrons cela plus tard.

Comme nous l’avons vu, un avion, tout le monde le sait, cela fait du bruit.

Donc pourquoi avoir choisit volontairement d’habiter en zone si bruyante ?

Tout simplement pour pouvoir jouer les grincheux, nous aimons nous plaindre pour un rien.

Non! La réponse est simpe, il n’y a pas d’information. Ou quand il y en a, elle est fausse ou minimisant les impacts du bruit.

Quand nous demandons, aux gens si bien informés, à combien de km faudrait-il habiter/déménager/relocaliser pour être sûr d’être au calme, les avis divergent. Ce n’est pas si facile ?

Cependant, étrangement, personne ne vise moins de 4km. Cela semble être un bon minima. Donc 4.1km c’est bon ? Pourtant le PEB, lui, est moins prudent. A 4km vous êtes dans la zone où rien ne s’entend. Enfin, d’après le PEB. Ceux qui vivent sous le passage des avions, à 5km des pistes, voire plus, vous confirmeront que l’avion s’entend très bien ici.

Les plus prudents nous indiquent 8km. Voire 10km. Ici, à la louche, une zone de 8km autour de l’aérodrome concernerait plus de 200 000 habitants, englobant des villes comme Noisy-le-Grand (70k habitants), Lognes, Torcy, touchant St-Maur-des-Fossés. Voilà le problème prend ici toute sa dimension. Faut-il délocaliser 200 000 habitants, ou revoir l’activité de l’aérodrome ?

Pourquoi ne pas s’être renseigné avant ?

En dehors du fait que c’est légèrement insultant, mais surtout original, de penser que nous avons tous choisi nos lieux de vie au hasard, et que tous, maintenant décidons, tous ensemble, de monter une association pour nous plaindre. Alors qu’il était si simple de juste se renseigner. Nous sommes vraiment culotés !

Mais c’est justement le problème ! La plus part se sont renseignés ! Et connaissent l’aérodrome depuis longtemps.

Ce que nous souhaitons améliorer concerne justement l’information, sa pertinence, sa véracité, et de son accès, sa communication.

Le PEB de l’aérodrome de Lognes-Emerainville, nous n’en trouvons qu’un seul exemplaire, et il date de 2019 seulement. Concrètement, tous les achats, tous les emménagements d’avant 2019 n’avaient donc pas accès à ce type d’information.

Par exemple, le Diagnostic Bruit, pour les zones concernées par un PEB, n’est obligatoire lors des transactions immobilières (donc que les achats, pas les locations) que depuis juin 2020. Et il faut être dans les zones du PEB, qui sont minimisées…

Donc tous les achats de biens, maisons, appartements, les nouvelles locations, bref, tous les emménagements d’avant 2019 n’avaient pas accès à l’information. C’est un fait.

Manquement politique, juridique, urbanistique, peu importe, il faut gérer ce fait.

Comment vous renseignez vous, quand l’information n’est pas là ?

Nous sommes cependant conscient, que sur l’aspect communication de l’information, ce point semble s’améliorer depuis peu. Mais le reste n’a malheureusement pas évolué. La pertinence, ou véracité des informations du PEB, notamment l’usage de l’indice Lden sont très discutable. Les zones fortement gênées sont très minimisées. Les méthodes de calculs sont opaques. Les propos sont aussi contradictoires…

De plus, les normes et législations évoluant, l’information est souvent périmée, obsolète ou à revoir. Les plafonds, même des zones les plus calmes du PEB, sont maintenant presque 10db au dessus des normes recommandées par l’OMS. Quand on sait que l’intensité sonore double tous les 3db, c’est énorme…


D’autres questions à venir :

Pourquoi encore créer une association ?

Qu’est-ce qui a changé ?

Le combat n’est-il pas perdu d’avance ?

Adhérer ne va rien changer !